Types et tailles de prothèses mammaires : comment choisir
Pour les femmes qui envisagent une augmentation mammaire ou qui souhaitent remplacer leurs prothèses. Vous comprendrez les principaux choix, ce que chacun change à l’aspect, au toucher et aux risques, et comment la taille se décide lors d’un examen.
En bref
Les prothèses mammaires diffèrent par leur remplissage (gel de silicone ou sérum physiologique), leur forme (ronde ou anatomique), leur surface (lisse ou texturée) et leur taille. Le gel de silicone donne un toucher plus proche des tissus naturels, les prothèses rondes apportent plus de volume en haut du sein et les lisses sont les plus souples au toucher, tandis que les texturées bougent moins mais sont associées à un lymphome rare. La taille se décide lors d’un examen en personne, d’après votre morphologie, l’épaisseur de vos tissus et vos objectifs, et non d’après un simple chiffre. Tous ces choix se font ensemble avant une augmentation mammaire.
Sur cette page
- Quels sont les différents types de prothèses mammaires ?
- Prothèses en silicone ou au sérum physiologique : quelle différence ?
- Prothèse ronde ou anatomique : quelle forme choisir ?
- Prothèse lisse ou texturée : la surface compte-t-elle ?
- Comment choisir la taille de ses prothèses mammaires ?
- Pourquoi les seins paraissent-ils plus gros et plus hauts juste après la pose ?
- Peut-on augmenter sa poitrine avec sa propre graisse plutôt qu’avec des prothèses ?
- Quelle est la durée de vie des prothèses mammaires ?
- Quelles questions poser avant de choisir une prothèse ?
Quels sont les différents types de prothèses mammaires ?
Les prothèses diffèrent sur quatre points : leur contenu, leur forme, leur surface et leur taille. Leur position et le site d’incision se décident en même temps, et chaque choix se fait avec votre chirurgienne, après un examen.
| Choix | Options | À prendre en compte |
|---|---|---|
| Remplissage | Gel de silicone ou sérum physiologique (eau salée) | Le silicone paraît plus naturel, mais une fuite passe souvent inaperçue, d’où les examens d’imagerie conseillés ; une prothèse au sérum physiologique se dégonfle visiblement en cas de fuite |
| Forme | Ronde ou anatomique (en goutte d’eau) | La ronde donne du volume en haut du sein et garde sa forme si elle tourne ; une prothèse en goutte d’eau qui pivote peut déformer le sein |
| Surface | Lisse ou texturée | La lisse est la plus souple au toucher mais peut bouger et former des vagues ; la texturée bouge moins, mais le LAGC-AIM, un lymphome rare, survient surtout avec les prothèses texturées |
| Taille et profil | Le volume, et la projection de la prothèse vers l’avant | Décidés d’après votre morphologie, votre tour de thorax, l’épaisseur de vos tissus et vos objectifs |
| Position | Devant le muscle, derrière lui ou en dual plane (double plan) | Dans une étude sur 10 ans, une coque (contracture capsulaire) sévère a touché 15,7 % des prothèses placées derrière le muscle et 26,3 % de celles placées devant |
| Incision | Sillon sous le sein, bord de l’aréole ou aisselle | Le sillon convient à la plupart des patientes ; la voie par le nombril est associée à davantage de complications |
Prothèses en silicone ou au sérum physiologique : quelle différence ?
Les prothèses en gel de silicone ont un toucher plus proche du tissu mammaire naturel et plissent moins ; ce sont les plus utilisées au Royaume-Uni. Une fuite de silicone passe souvent inaperçue : même en l’absence de symptômes, la FDA, l’autorité de santé américaine, recommande une première échographie ou IRM 5 à 6 ans après l’opération, puis une tous les 2 à 3 ans.
Les prothèses au sérum physiologique sont remplies d’eau salée stérile. En cas de fuite, elles se dégonflent visiblement et le corps absorbe le liquide, mais les plis et le dégonflement deviennent plus probables avec le temps. Les modèles dits structurés possèdent une armature interne destinée à leur donner un toucher plus naturel. Aux États-Unis, la FDA autorise les prothèses au sérum physiologique pour une augmentation esthétique dès 18 ans, et les prothèses en gel de silicone dès 22 ans. La Dre Bilgehan İlker privilégie en général le silicone.
Le silicone à forme stable, parfois surnommé « gummy bear », utilise un gel plus dense et plus ferme qui garde sa forme même si l’enveloppe se rompt ; sa mise en place demande une incision un peu plus longue.
Prothèse ronde ou anatomique : quelle forme choisir ?
Les prothèses rondes apportent davantage de volume dans la partie haute du sein, et les modèles à profil haut projettent davantage vers l’avant. Si une prothèse ronde tourne dans sa loge, elle garde sa forme. La Dre Bilgehan İlker souligne que les prothèses rondes peuvent être posées par toutes les voies d’abord habituelles.
Les prothèses anatomiques (en goutte d’eau) sont plus pleines en bas et s’affinent vers le haut, mais elles ne conviennent pas à toutes les voies d’abord. Si l’une d’elles pivote, le sein peut paraître déformé, et la correction nécessite une nouvelle opération. La Dre İlker utilise des prothèses rondes lorsque vous souhaitez du volume en haut du sein, et des prothèses anatomiques pour une pente naturelle.
Prothèse lisse ou texturée : la surface compte-t-elle ?
Oui, pour la mobilité et pour un risque rare. Les prothèses lisses sont les plus souples au toucher, mais peuvent bouger et former des vagues. Les tissus adhèrent à une surface texturée : les prothèses texturées bougent donc moins, et dans une étude sur 10 ans, elles ont donné moins de coques (9,0 % contre 17,5 %).
La contrepartie est le LAGC-AIM (lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires, appelé BIA-ALCL en anglais) : un lymphome du système immunitaire, et non un cancer du sein, lié surtout aux prothèses texturées. Selon les estimations, il touche de 1 personne sur 3 817 à 1 sur 30 000 parmi celles qui en portent. Demandez quelle surface vous est proposée, et pourquoi. Les autorités sanitaires ne recommandent pas de retirer des prothèses texturées qui ne provoquent aucun symptôme.
Comment choisir la taille de ses prothèses mammaires ?
La taille d’une prothèse s’exprime en volume, en centimètres cubes (cc), avec un profil qui décrit sa projection vers l’avant. Le chiffre seul dit peu de chose du rendu sur vous. Ce qui détermine la taille, c’est votre morphologie et votre tour de thorax, l’épaisseur des tissus qui recouvriront la prothèse et le changement que vous souhaitez.
La Dre Bilgehan İlker explique qu’une prothèse change la lettre de votre taille de soutien-gorge (le bonnet), pas le chiffre (le tour de dos), qui dépend de votre tour de thorax. La taille, le type de prothèse, sa position et l’incision ne sont décidés qu’après un examen en personne.
Taille et position se décident ensemble. La prothèse peut se placer devant le muscle pectoral, derrière lui ou en dual plane, une position qui combine les deux et qui a été décrite en particulier pour les seins présentant un certain relâchement de la glande ou une moitié inférieure étroite. Le choix dépend de l’épaisseur de vos tissus, de la taille de la prothèse et de vos objectifs.
Pourquoi les seins paraissent-ils plus gros et plus hauts juste après la pose ?
À cause de l’œdème. La première semaine, les seins paraissent plus gros et plus hauts que prévu, si bien qu’une taille bien choisie peut sembler trop grande. Les prothèses se mettent en place en quelques semaines, et en quelques mois les seins retrouvent un aspect et un toucher plus naturels : c’est seulement à ce moment-là qu’il faut juger la taille. Certaines équipes recommandent de porter un soutien-gorge de sport jour et nuit pendant 3 mois au maximum.
Peut-on augmenter sa poitrine avec sa propre graisse plutôt qu’avec des prothèses ?
Pour une augmentation modérée, oui. Le lipofilling mammaire transfère dans les seins de la graisse prélevée par liposuccion, et ajoute environ un bonnet au maximum. Une partie de la graisse se résorbe au cours des premiers mois : dans les études, 53 à 62 % en moyenne restaient en place à 12 mois. Il faut disposer d’assez de graisse à prélever, et la graisse peut aussi être utilisée en complément d’une prothèse.
Quelle est la durée de vie des prothèses mammaires ?
Quel que soit le type choisi, les prothèses ne sont pas faites pour durer toute la vie. Chez beaucoup de personnes, la question d’un remplacement ou d’un retrait se pose au bout de 10 à 15 ans environ, même si, dans une étude sur 10 ans, 81,8 % des patientes avaient toujours leurs prothèses d’origine. Les seins continuent aussi d’évoluer avec l’âge, le poids, les grossesses et la ménopause.
Conservez par écrit le fabricant, le modèle, la taille et la surface de vos prothèses, et examinez régulièrement vos seins. Ces informations vous seront nécessaires pour les examens d’imagerie et pour un éventuel changement de prothèses.
Quelles questions poser avant de choisir une prothèse ?
- Quelle prothèse me recommandez-vous (remplissage, forme, surface et taille), et pourquoi ?
- Mes tissus sont-ils assez épais pour cette taille, et la prothèse serait-elle placée devant le muscle, derrière lui ou en dual plane ?
- Mes seins sont-ils assez tombants pour nécessiter aussi un lifting mammaire ? Une prothèse ajoute du volume, elle ne remonte pas le sein.
- Quelles conséquences ce choix pourrait-il avoir sur l’allaitement et sur mes futures mammographies ?
- Recevrai-je par écrit les références de mes prothèses ?
Questions fréquentes
Que signifient « cc » et « profil » pour une prothèse mammaire ?
« Cc » signifie centimètres cubes : c’est le volume de la prothèse. Le profil décrit sa projection par rapport au thorax : les prothèses rondes à profil haut projettent davantage vers l’avant. Deux prothèses de volume proche peuvent donc donner un rendu différent, et c’est pourquoi la taille se planifie à partir d’un examen plutôt que d’un chiffre.
Peut-on demander une taille de bonnet précise ?
Vous pouvez décrire le changement que vous espérez, mais un bonnet n’est pas un objectif précis. Une prothèse change la lettre de votre taille de soutien-gorge, pas le chiffre, et l’ampleur du changement dépend de votre thorax et de vos tissus autant que de la prothèse. La Dre İlker décide de la taille avec vous après vous avoir examinée.
Que sont les prothèses « gummy bear » ?
C’est le surnom des prothèses en silicone à forme stable. Leur gel est plus dense et plus ferme : la prothèse garde sa forme même si l’enveloppe se rompt, et sa mise en place demande une incision un peu plus longue. Demandez si une prothèse à forme stable convient à la forme de votre poitrine et à l’incision prévue pour vous.
L’incision limite-t-elle le choix de la prothèse ?
Cela peut arriver. La Dre İlker souligne que les prothèses rondes peuvent être posées par toutes les voies d’abord habituelles, alors que les prothèses anatomiques ne conviennent pas à toutes, et que les prothèses à forme stable demandent une incision un peu plus longue. Elle passe le plus souvent par le sillon sous le sein, avec une incision d’environ 4,5 cm.
Les grosses prothèses sont-elles plus risquées ?
La taille est un facteur parmi d’autres. Selon les informations de la FDA, lorsque de grosses prothèses placées devant le muscle sont retirées plus tard, un changement visible de la forme du sein peut persister. Une taille vous convient ou non selon votre morphologie et l’épaisseur des tissus qui recouvrent la prothèse : c’est pourquoi elle se décide lors d’un examen.